Preview : Les beaux mecs, série diffusée sur France 2 le 16 Mars

J’ai eu le privilège de visionner sur grand écran les 2 premiers épisodes de la nouvelle série produite par Lincoln TV à l’origine de Pigalle, la nuit (dont on attend la saison 2 avec impatience) : Les Beaux Mecs.  Alors que ces dernières années, on a assisté à une pléthore de séries françaises côté flics, en voici une qui passe de l’autre côté de la barrière et qui sera diffusée bientôt sur France 2…Je devine dans votre regard un air dubitatif légitime, bien que la production française ces dernières années n’a pas trop à rougir des productions américaines…Détrompez-vous car Les Beaux Mecs est une série sur les grands truands, plutôt bien fichue, avec un casting haut de gamme et une intrigue dont on a envie de connaître le dénouement, bref très différente de ce que France 2 nous avait proposé jusqu’à présent.

Sur ce titre accrocheur, les beaux mecs désignent des gangsters plutôt dans le milieu du grand banditisme. La série s’inscrit dès les premiers épisodes dans les films et séries du même genre et ceux de toutes les époques, en passant par « Touchez pas au grisbi », la trilogie des Parrains, les Scorsese, sans oublier « les 2 » Mesrine. En effet, on est plongés dans le milieu et ce à plusieurs et différentes reprises pour suivre le présent (et l’avenir) du jeune voyou « Kenz » interprété par Soufiane Guerrab ainsi que le passé de Tony Roucas dit le Dingue pour comprendre comment lui, est arrivé à devenir un « beau mec », ce genre de gangster un peu à l’ancienne.

A travers de nombreux flashbacks bien insérés au sein du scénario et absolument pas gênants au contraire, nous parcourons différentes époques : 4 exactement. Sachant que je n’ai pas encore visionner la totalité des 8 épisodes, j’en ai donc vu 3, à savoir : Les années 50-60 dans une vie parisienne où l’on découvre l’environnement du petit Antoine dont la mère dite « La Gazette » fait le tapin avec ses copines surveillées par un Mac de l’époque, un beau mec « M.Joe ». Antoine, sans modèle paternel, le prend pour héros et souhaite devenir comme lui quand il sera grand…Trahi, il va se tourner vers les gangsters du milieu marseillais et c’est là que nous sommes plongés dans les années 70…Il y aura également la période des années 80 où Tony fréquentera la bourgeoisie parisienne, traitée dans les épisodes suivants, et enfin, retour vers le futur, à notre époque où après une vingtaine d’années d’incarcération, Tony le Dingue décide de suivre son jeune compagnon de cellule pour s’évader de prison, bien décidé à régler ses comptes suite à un reportage télé où il croit apercevoir une vieille connaissance. Forcément la confrontation des 2 générations de hors-la-loi va créer des situations plutôt tragi-comiques et vraiment très drôles entre des braquages foireux et maladroits sans parler d’autres conséquences très fâcheuses…
Simon Abkarian imposant et impeccable dans son rôle de gangster (pas si) retraité, « envoyé » dans le futur qui n’a plus grand chose à perdre et qui se retrouve à son tour modèle pour le jeune Kenz plutôt fou fou, « caïd de banlieue », irresponsable et irréfléchi. Issu d’une génération qui vit dans l’instant présent, qui veut tout tout de suite et qui ne prend pas le temps de réfléchir aux conséquences avant d’agir, contrairement au personnage de Tony qui va replonger dans ses souvenirs de jeunesse pour mieux comprendre son présent.
Le passé de Tony n’est pourtant pas tout rose ayant vécu un traumatisme majeur et l’on devine également des  trahisons inhérentes à ce milieu. Tout cela va d’ailleurs expliquer certains de ses excès de violence, certes inexcusables…Les Beaux Mecs, c’est aussi du romantisme avec la présence des femmes qu’a rencontré Tony au fil de sa vie, séducteur et sensible à leurs charmes, elles vont le rendre plus sympathique mais aussi influencer ses décisions…
Côté réalisation et mise en scène, il y a quelques longueurs mais  les différents changements d’époques et d’histoires nous les font vite oublier. Tournée caméra à l’épaule on se trouve au coeur de l’action et le côté réaliste de certaines scènes est renforcée sans exagération côté agitation et mouvements.

Certes, les Beaux Mecs ne révolutionne pas le genre mais prend justement le risque de s’y attaquer avec une touche actuelle à travers le jeune Kenz, révélation de la série, qui est à la limite d’en faire trop ce qui rend aussi les situations comiques face à un imperturbable Simon Abkarian au top comme d’habitude.
Bref, comme on aurait pu le douter, France 2 va finalement diffuser une série mélo-dramatique à suivre absolument et ce dès le 16 mars prochain. Je vous la conseille fortement.

Enfin,  la série a été couronnée « Meilleure Série » au festival des créations télévisuelles de Luchon 2011 et le coffret DVD des 8 épisodes de 52min chacun sortira le 12 avril prochain.

A noter qu’après la projection, nous avons pu rencontrer la scénariste Virginie Brac, le réalisateur Gilles Bannier (tous deux ayant déjà collaborés sur la série Engrenages) et une grande partie du casting, où l’on a pu croiser Simon Abkarian , discuter tranquillement avec Mhamed Arezki (Tony Jeune) et Soufiane Guerrab (Kenz). Quelques photos sur le blog de Ciné-maniac en plus de sa critique. Merci à Allociné !


Ci-dessous interviews des acteurs et réalisateur par Allociné.

3 Comments

  1. Merci pour la review, après avoir vu les deux premiers épisodes, je m'y suis totalement retrouvée. Ce soir, la suite, je serais scotchée à mon écran !

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